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Une revenante !

Le 25 mars 2020, la première crise COVID vient de commencer, je publiais mon 74ème billet, qui s’avèrera être le dernier, mais qui m’a permis de revivre ma découverte passionnante des Moaïs, ces immenses sculptures de l’ile de Pâques, qui m’ont tant fascinée.

https://francoiserevol-oquin.com/2020/03/74e-billet-les-sculptures-de-pierre-ou-moais-de-lile-de-paques/

Après ces six années d’interruption, je reprends donc avec grand plaisir l’écriture de mes billets sur les expositions. Oui, oui, je sais, j’ai toujours répondu par la négative à la question « Tu reprends quand tes billets ? »

Vos nombreux messages, si chaleureux, ont certainement joué un rôle dans ce revirement. Ne jamais dire jamais ! 

Outre les expositions, il pourra m’arriver, si coup de cœur, de vous « parler » d’un livre ou d’un film ou … A l’inverse, s’il ne se passe vraiment rien d’intéressant, vous n’aurez pas de mes nouvelles pendant quelques semaines…

« Last but not least », voici ci-dessous le lien de mon nouveau site. N’hésitez pas à aller y faire un tour, vous y découvrirez notamment mes dernières peintures « Made in Bretagne » réalisées dans mon bel atelier !!

Dans « archives », vous retrouverez mes anciennes sculptures, peintures ainsi que mes billets.

https://francoiserevol-oquin.com

Enfin, ci-dessous, vous pouvez trouver mon nouveau billet qui vous emmène dans une balade helvétique.

Bonne lecture !

75ème BILLET

CEZANNE à la Fondation BEYELER

(ou 1er billet de la 2nde génération !!)

« Portrait de l’artiste à la palette » 1890 Paul CEZANNE
Collection Emil BÜHRLE-Prêt permanent au Kunsthaus Zürich

 

La Fondation Beyeler, située à Bâle (Suisse)présente à l’occasion du 120ème anniversaire de la disparition de Paul CEZANNE (1839-1906) les oeuvres majeures et tardives de ce peintre d’Aix en Provence.

Pour ce premier billet, je vais m’arrêter sur quelques toiles qui ont particulièrement retenu mon attention.

Cette exposition intéressante met l’accent sur des portraits de proches, des autoportraits, des paysages de Provence, notamment la montagne Sainte Victoire, des natures mortes mais également des scènes de groupe, comme les joueurs de cartes (voir les deux toiles ci-dessous).

« Les joueurs de cartes »1892-1896
The Courtauld, London, Samuel Courtauld Trust
« Les joueurs de cartes » 1893-1896
Musée d’Orsay, Paris
Sont exposées à Bâle cinquante-huit peintures à l’huile et vingt et une aquarelles de cette période tardive.Elles sont issues de collections publiques, de prêts venus du monde entier, mais aussi de collections privées, d’où elles sortent rarement, ce qui accentue leur intérêt.

La peinture ci-dessous de la Montagne Sainte Victoire, issue justement d’une collection privée, m’a frappée par sa sobriété percutante : la montagne est là, elle se dresse devant nous dans le lointain.

« La Montagne Sainte Victoire vue des Lauves » 1904
Collection privée
En dépit de la cohue, les tableaux ressortent bien sur ces grands murs blancs, dans ces vastes salles lumineuses et sobres, ce qui m’a aidée à mieux comprendre pourquoi CEZANNE est aujourd’hui considéré comme l’un des pionniers de l’art moderne.
« Le jardin des Lauves » 1906
The Phillips Collection, Washington D.C.
En contemplant la toile ci-dessus, « Le jardin des Lauves », j’ai été saisie par sa modernité. Les blancs de la toile, les touches de peintures nerveuses et les « tâches » de couleurs affirmées rendent bien l’atmosphère qui règne dans ce jardin ensoleillé. On imagine aisément la dextérité de la main agile et experte de l’artiste en pleine action.

C’est donc sur le tard que CEZANNE s’affranchit de l’idéal physique, hérité de l’Antiquité, mais aussi de la convention de la perspective centrale établie depuis la renaissance. A ce titre il est considéré comme l’un des précurseurs de l’art moderne ; il me semble que la toile ci-dessus, « La route tournante », l’exprime bien.

« La route tournante (matinée de printemps à St Antonin) » 1900-1906
National Gallery of Art, Washington DC
CEZANNE, sur le tard, révolutionne donc la peinture en mettant à nu ses structures… Il accorde la même importance à la manière dont l’image est peinte qu’à ce qu’elle représente. Par cette approche « révolutionnaire », il serait à l’origine de l’art abstrait.
La Fondation Beyeler nous rappelle ces mots de Pablo PICASSO au sujet de Cézanne : « Il était comme notre père à tous ».Pour finir, les toiles intitulées « Le jardinier Vallier » (voir ci-dessous) ont fait -une fois encore- mon bonheur.
« Le Jardinier Vallier » 1906
Collection Emil BÜHRLE-Prêt permanent au Kunsthaus Zürich
En effet, au printemps 2017, l’exposition « Jardins » au Grand Palais présentait une des toiles du jardinier Vallier (https://francoiserevol-oquin.com/2017/05/11eme-billet-le-jardinier-cet-artiste/) , qui m’avait déjà beaucoup touchée. J’ai été ravie de la revoir à Bâle, de surcroit en plusieurs exemplaires. Une fois encore, comme au Grand Palais, j’ai aimé tant la force tranquille rayonnante du « jardinier », que les touches puissantes, parfaitement maitrisées et nerveuses du pinceau de l’artiste.
« Le jardinier Vallier » 1906
Héritage de C. Frank Stoop, 1933
Le jardinier est là, devant nous, assis tranquillement. Nous contemple-t-il avec une certaine ironie, est-il perdu dans ses pensées ou peut-être nous regarde-t-il sans nous voir ? Energie et sérénité émanent de lui, il règne sur son univers, le jardin.
« Homme assis » 1905-1906
Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid
Bien qu’il ne s’agisse plus du jardinier Vallier, mais simplement d’un homme assis (voir ci-dessus), comment ne pas être interpelée par les similitudes de ces toiles, d’ailleurs exposées côte à côte ?

Cette exposition, qui met en valeur l’impact majeur des toiles tardives de Cézanne sur la peinture, vaut le détour.  Si vous y allez, admirez également le bâtiment contemporain et sobre de la Fondation, qui a vraiment belle allure dans son environnement verdoyant très soigné.

Petit bémol : aucun catalogue de cette exposition en français, seulement en allemand (logique puisque nous sommes à Bâle, germanophone) et en anglais.

Enfin, après l’exposition CEZANNE, je suis allée me « promener » dans les collections permanentes, qui « tournent » régulièrement.
Une toile de Mark ROTHKO, dont le travail me touche particulièrement, et « L’Araignée » (une d’entre elles pour être plus précise) de Louise BOURGEOIS m’ont « flashée ». C’était la première fois que je la voyais en « vrai » cette fameuse araignée !

« Untitled (Red, Orange) » 1968 Mark ROTHKO
Collection Beyeler
« Spider IV » 1996 Louise Bourgeois
Collection privée New York (acier, objet mural)

Pour en savoir plus :

Exposition Cézanne jusqu’au 25 mai 2026

Vue sur les jardins de la Fondation depuis une des salles d’exposition.
Fondation BEYELER
Baselstrasse 101
4125 Riehen Suissehttps://www.fondationbeyeler.ch/fr/visite
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