76ème BILLET
L’exposition MATISSE au Grand Palais

La Blouse roumaine – Matisse 1940
« La Blouse roumaine » 1940
Centre Pompidou, Musée National d’Art Moderne, Paris
Le Grand Palais et le Centre Pompidou présentent jusqu’au 26 juillet 2026 une très belle exposition sur les treize dernières années, 1941 à 1954, de Henri MATISSE (1869-1954).
Si vous voulez admirer les différentes œuvres – au total plus de 300 (peintures, collages, dessins…)- de cette période de ce grand artiste, que j’affectionne tout particulièrement (je ne suis pas la seule !), filez vite au Grand Palais, où les immenses salles aux hauts murs blancs et la scénographie de qualité mettent parfaitement en valeur ses différents travaux.
8,5/10
Mais déception, en raison du monde, impossible, par exemple, de bien regarder les dessins…
7/10
Quelle cohue, même un matin en semaine ……rentabilité oblige j’imagine…
5/10
Pourtant, le passage des contrôles de billets puis de la sécurité a été expédié…. Formidable !
9/10
Mais trompeur pour la suite ! Avec l’amie qui m’accompagnait, nous étions euphoriques …« Chic, il n’y aura pas grand monde… », malheureusement, nous avons vite déchanté….
Petite anecdote, une fois dans le hall, il nous a fallu cinq bonnes minutes pour trouver l’entrée proprement dite de l’exposition !
5/10
Enfin, grosse déception pour le catalogue de l’exposition…que j’ai acheté -je l’ai feuilleté trop vite à la librairie – : de trop nombreuses reproductions sont sur une double page, donc quasiment illisibles avec la tranche au milieu. Regrettable, d’autant plus que la qualité de l’impression n’est pas mauvaise du tout …
5,5/10
CONTEXTE HISTORIQUE
Henri Matisse – 1942

Henri MATISSE dans la « chambre claire » au Régina, Nice, en 1942.
Photographie : André Ostier
En 1942, Henri Matisse, après une intervention chirurgicale à hauts risques, à laquelle il était persuadé de ne pas survivre, entame une seconde vie de création artistique.
« J’avais tellement préparé ma sortie de la vie, qu’il me semble être dans une seconde vie. » disait-il.
Henri Matisse a alors plus de 70 ans. Il savoure intensément ce quasi miracle et exploite chaque minute de ce bonus de vie, qui va durer treize ans, faisant exploser sa créativité, déjà impressionnante.
Pour vous permettre de cheminer dans cette exposition, aussi belle que riche (idéalement, il faudrait revenir…), voilà quelques thèmes clés qui ont été des coups de cœur…Autant se faire plaisir !
Les peintures des Intérieurs de Vence (1946 à 1948)

Deux fillettes, fond corail – Jardin bleu
« Deux fillettes, fond corail Jardin bleu » – 28 juin 1947
Huile sur toile – The Barnes Foundation, Philadelphie
« Deux fillettes
Fond jaune et rouge »
17 mai 1947
Huile sûr toile The Barnes Foundation, Philadelphie
La série des dessins Thèmes et Variations

« Thèmes et Variations – Série M » 1942
Ensemble composé d’un fusain et de six dessins à la plume et à l’encre sur papier
Bordeaux, Musée des Beaux Arts
Dessin d’Aragon – Mars 1943
Les dessins au pinceau et à l’encre

« Jackie » 1947 – Pinceaux et encre de chine sur papier – Collection privée
Pinceau et encre de Chine sûr papier
Collection privée
*les principaux éléments pour la chapelle de Vence
MATISSE considère la Chapelle du Rosaire à Vence, située près de Nice, comme sa plus belle réalisation. Je ne la connais pas…hâte de la découvrir.

Pour préparer les vitraux et les vêtements religieux, il réalise d’immenses collages. Pour les dessins de personnages, également immenses comme le Saint Dominique, il utilise un bâton au bout duquel il attache un pinceau ou un fusain. Très astucieux !
Saint Dominique
*les grandes compositions comme La Gerbe, Les Acanthes…et les grandes figures, en gouache, découpées…
« Les Acanthes » 1953
Fusain, papiers gouachés, découpés et collés sûr papier marouflé sûr toile
Fondation Beyeler, Riehen/Bâle, Beyeler Collection Inv.60.2
« Nus aux oranges » 1953
Pinceau et encre de Chine, papiers gouachés, découpés et collés sûr papier marouflé sûr toile.
Centre Pompidou, Musée National d’Art Moderne, Paris- Dation Pierre Matisse, 1991
Les dernières années de la vie de Matisse ont été très prolifiques, avec notamment l’organisation d’une rétrospective organisée au MoMA en 1951 à NY et de nombreuses
commandes. Mais, cela ne l’empêche pas de garder son instinct, qui lui « souffle » de poursuivre son travail avec des gouaches découpées. Ce qui, au fil du temps, va lui permettre de les faire
évoluer vers de véritables tableaux. Du végétal stylisé, il chemine alors vers la figuration et commence en 1952 la série des « Nus bleus ».
« La Sauteuse de corde » 1952
Papiers gouachés, découpés et collés
Museum Berggruen, Berlin
Au printemps 1952, Henri MATISSE réalise ses quatre tableaux « Nus Bleus » à l’hôtel Regina de Nice, selon le principe de ses dessins « thèmes » et « variations ».
Le Nu bleu IV (ci-dessous), qu’il a commencé à travailler en premier, sera achevé en dernier. Il est, en quelque sorte, la matrice des Nus Bleus I, II et III.
Les trois tableaux, Nu bleu I, II et III, à la différence du Nu Bleu IV, ont été réalisés d’un seul coup de ciseaux en une quinzaine de minutes. Chaque tableau fait entre 102 et 112 cm de haut…..ne pas se fier à la photo, où ils paraissent plus petits.
OUI, oui…cette rétrospective des treize dernières années de Henri MATISSE vaut vraiment la peine, alors si vous pouvez y aller, n’hésitez pas, mais armez-vous de patience et de temps !
Ses dessins au pinceau et à l’encre, que je voyais en « vrai » pour la première fois, sont sublimes de simplicité et de force.
Ses peintures de la série « Intérieurs de Vence » m’ont toujours séduite et continuent à m’enchanter par leurs couleurs, l’agilité du trait, le décalage par rapport à la réalité et leur vivacité.
Pour en savoir plus :
GRAND PALAIS
Entrée principale : Square Jean Perrin
17 avenue du Général Eisenhower
75008 Paris
https://www.grandpalais.fr/fr/
Exposition Matisse jusqu’au 26 juillet 2026
Dans la foulée, s’il vous reste un peu de temps, vous pouvez en profiter pour traverser l’avenue, direction le Petit Palais, situé juste en face, où se tient, jusqu’au 19 juillet, l’exposition « Visages d’artistes, de Gustave Courbet à Annette Messager » …
Petite exposition, qui n’est pas comparable avec celle du Grand Palais. Mais, si jamais vous appréciez les autoportraits, allez-y. Peut-être serez-vous aussi étonnée que moi de découvrir que ce n’est qu’à partir du XXème siècle que les autoportraits féminins font vraiment leur apparition.
En découvrant le portrait de Jules CHERET (ci-dessous), une des figures les plus importantes du monde artistique de la Belle Epoque, j’ai éclaté de rire et j’ai eu envie de le partager avec vous….
« Portrait de Jules CHERET » 1892 Huile sûr toile
Jacques-Emile BLANCHE (1861-1942)
Cette petite virée au Petit Palais m’a permis de découvrir un livre passionnant « Femmes au miroir – Une histoire de l’autoportrait féminin » de Frances BORZELLO (Thames & Hudson).
Les titres, très évocateurs, des différents chapitres résument en quelques mots la situation de l’autoportrait féminin :
XVIème siècle, « Au commencement » ; XVIIème siècle, « Nouvelle confiance en soi » ; XVIIIème siècle, « Professionnalisme et amateurisme » ; XIXème siècle, « La porte s’ouvre » ; XXème siècle, « La fin des tabous » et pour finir (= aujourd’hui et demain) « L’impact féministe »….
Bonne lecture…
POUR EN SAVOIR PLUS :
PETIT PALAIS
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
https://www.petitpalais.paris.fr
Exposition « Visages d’artistes » jusqu’au 19 juillet 2026
Et pour finir en beauté, après la présentation de ce livre, voilà justement un joli poème « Les mots », écrit et lu par une chère amie .
Si vous appréciez ce billet, n’hésitez pas à le partager…!









