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78 ème billet

 

Pour ce billet estival, focus sur deux belles institutions artistiques parisiennes, la Fondation Pinault et la Fondation Cartier.

 

I Fondation Pinault, Bourse du Commercel’exposition Clair-Obscur.

 

L’exposition Clair-Obscur présente jusqu’au 24 aout 2026, dans l’ancienne bourse du commerce de Paris, une centaine d’œuvres de la Collection Pinault, sur le thème de l’obscurité et la lumière. Tel un papillon de nuit attiré par la lumière, je me suis donc rendue avec plaisir dans ce beau bâtiment, fort bien rénové il y a de cela maintenant quelques années.

Globalement, l’exposition ne m’a pas « emballée » !

Néanmoins deux artistes sont sortis avec brio du lot.

 

*Alors que je furetais au rez-de-chaussée de la Fondation Pinault, je suis passée devant les vingt-quatre vitrines – même si elles étaient vides, elles sont fort « belles » ! – qui entourent harmonieusement la rotonde.

Et sans crier gare, j’ai été littéralement « happée » par la démarche artistique de Laura LAMIEL, née en 1943 à Morlaix, dont les différentes créations occupent l’ensemble de ces vitrines.

Lorsque l’on sait que sa démarche est fondée sur la couleur et la lumière, deux axes créatifs qui me font tant vibrer, ma réaction n’a rien d’étonnant !

Deux vitrines (voir ci-dessous) ont tout particulièrement retenu mon attention.

 

1)La Bibliothèque

« La Bibliothèque » 2025-2026

Laura LAMIEL

Missels issus de la collection de l’artiste, bibliothèque en acier

Courtesy de l’artiste et Marcelle Alix, Paris

 

 

Cette oeuvre, composée de missels aux tranches dorées, se dresse devant nous comme un mur lumineux.

Ces dizaines de missels, supports de dévotion et méditation, recueillis par l’artiste au fil des années, sont détournés de leur usage spirituel pour devenir, en quelque sorte, une sculpture.

 

En les couchant, l’artiste soumet à ces livres pieux un renversement de position, permettant à leurs tranches dorées d’être mises en valeur et de capter la lumière. La couleur dorée renvoie au sacré et la rigueur de l’empilement à une expérience quasi mystique.

Tant la démarche créatrice de l’artiste que l’effet visuel de l’œuvre sont incroyables !

 

 

2)Mouvement de l’immobile

 

Avant de continuer à découvrir le travail de Laura LAMIEL, « respect » pour son titre improbable : « Mouvement de l’immobile » …. Il fallait juste y penser !

 

 

« Mouvement de l’immobile » 2025-2026

Peinture fixée sous verre, cadre en acier, chaise en acier, papiers, objets issus de la collection de l’artiste.

Courtesy de l’artiste et Marcelle Alix, Paris

 

 

En jouant avec l’opacité et la transparence, la lumière et la pénombre, Laura LAMIEL explore la mémoire, la contrainte, mais aussi les structures invisibles qui façonnent nos existences.

 

En contemplant cette chaise en équilibre… instable, mais qui, pour autant, ne tombe pas, comment ne pas penser à nos vies… ?

 

 

* James Lee Byars (1932-1997) est mon autre coup de cœur découvert au cours de cette exposition « Clair-Obscur ».

 

Après avoir été « happée » par Laura LAMIEL, j’ai ensuite été « SAISIE » par cette installation (photo ci-dessous) de James Lee BYARS, un artiste américain.

 

 

En franchissant le seuil de cette vaste pièce, j’ai eu la sensation de me glisser dans un univers doré et lumineux, aussi sobre que doux, feutré et accueillant. J’aurai pu y rester des heures…

 

Cet artiste américain, décédé en 1997 au Caire à l’âge de 65 ans, a été une figure énigmatique de la scène américaine émergeant à la fin des années 1960.

 

Atypique, il a vécu en nomade, dans une quête d’incandescence spirituelle

 

James Lee Byars devant « The door of Innoncence » (1986-1987)

Castello di Rivoli – Museo d’Arte Contemporanea

The Estate of James Lee Byars

 

 

L’or est sa teinte emblématique, symbole du sublime, du sacré et de la transcendance.

Cette teinte rappelle le Temple du Pavillon d’or à Kyoto, au Japon, pays où l’artiste résida près de dix ans et où il découvrit le bouddhisme zen.

L’or rappelle également les églises vénitiennes, Venise est également devenue sa ville d’adoption à partir des années 1980.

 

Pour finir, cette visite s’est achevée avec deux artistes plus « classiques », Germaine RICHIER et Alberto GIACOMETTI, dont les œuvres sont toujours aussi inspirantes.

 

 

Germaine RICHIER

 

De 1949 à 1951, Germaine RICHIER a exploré la complexité du personnage littéraire de Don Quichotte au moyen de plusieurs versions sculptées, dont celle ci-dessous.

 

« Don Quichotte »1950-1951

Germaine RICHIER

Pinault Collection

 

 

Cette figure se distingue par son aspect filiforme, quasiment squelettique, qui « dialogue » si bien, à mon humble avis, avec les sculptures de GIACOMETTI.

 

 

Alberto GIACOMMETI

 

Enfin et toujours, Alberto GIACOMETTI, dont les sculptures me touchent tant, sans jamais me lasser … !

 

Son dessin ci-dessous n’est-il pas aussi puissant que ses sculptures … ?

D’ailleurs, ne dirait-on pas que la tête et le buste de Pierre JOSSE ont été sculptés dans le papier ?

 

 

« Portrait de Pierre Josse » 1950

Alberto GIACOMETTI

Pinault Collection

 

 

Et pour terminer, je dois vous avouer avoir un grand regret : celui de ne pas avoir vu le nuage blanc, « Fog Sculpture – Cloud #07156», de l’artiste japonaise Fujiko NAKAYA, née en 1933 …

 

Si jamais vous passez à Paris, il est visible à la Fondation Pinault jusqu’au 14 septembre 2026.

 

 

II Fondation Cartier pour l’art contemporain

En sortant de la Bourse du commerce, mes pas m’ont emmenée à la Fondation Cartier, à quelques rues de là.

Depuis fin octobre 2025, La Fondation Cartier pour l’art contemporain est installée dans l’ancien Louvre des antiquaires, dont le réaménagement a été réalisé sous l’impulsion de l’architecte Jean NOUVEL.

La Fondation Cartier pour l’art contemporain, créée en 1984 par la maison Cartier et son président de l’époque, Alain Dominique PERRIN, avait pour objectif de proposer aux artistes du monde entier un espace d’exposition. L’objectif de cette démarche atypique était de ne pas s’intéresser uniquement aux artistes occidentaux (Europe, USA…).

D’abord implantée à Jouy en Josas (Yvelines), cette fondation a déménagé en 1994 dans un bâtiment, que j’ai toujours trouvé superbe, tout de verre, d’acier et de végétaux, conçu par Jean NOUVEL (déjà !), dans le quartier de Montparnasse, à Paris.

Petite « anecdote » : cet édifice de Montparnasse avait le privilège d’accueillir un cèdre, planté en 1823 par l’écrivain François-René de CHATEAUBRIAND (1768-1848), et qui était visible (le cèdre !) à travers la façade de verre. Or, en septembre 2020, cet arbre quasi bicentenaire, victime de la canicule (rien de nouveau déjà sous le …soleil !!), a dû être coupé, ce qui avait, à l’époque, suscité quelques remous…

Par curiosité, j’ai voulu savoir quelle est la durée de vie d’un cèdre ? Un cèdre peut vivre 2 000 ans… !!

 

Revenons à cette Exposition Générale de la Fondation CartierElle retrace les quarante années de création contemporaine internationale, depuis l’inauguration de la Fondation Cartier pour l’art contemporain en 1984.

 

Quel plaisir de déambuler au milieu de toutes ces « trouvailles » artistiques et parmi elles d’en retrouver certaines, découvertes dans le bâtiment de Montparnasse. J’ai savouré ce sentiment délicieux de renouer avec une vieille amitié …

 

 

 Alessandro MENDINI

 

« Petite Cathédrale » 2002

Bois, métal, mosaïque de pâte de de verre, verre parfum, son (527x239x319cm)

Allessandro MENDINI

 

 

Alessandro MENDINI, né en 1931 à Milan et décédé en 2019 également à Milan, était un architecte, designer et théoricien du design italien, reconnu pour son rôle majeur dans le renouveau du design au XXème siècle.

 

 

Gros plan de l’intérieur de la « Petite Cathédrale »

 

 

 Giuseppe PENONE

 

Figure emblématique de l’Arte Povera, mouvement artistique italien né au milieu des années 1960, Giuseppe, né en 1947, à Garessio (Italie), contribue activement à l’élargissement des pratiques sculpturales en travaillant des matériaux pauvres et organiques.

 

« Il Verde del Bosco » 1988

Giuseppe PENONE

Frottage de chlorophylle sur toile

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Pour réaliser la toile ci-dessus, l’artiste a frotté des feuilles sur un tissu posé sur des troncs d’arbre et imprimé l’empreinte de l’écorce.

Inspiré de Marx ERNST, le frottage constitue une technique de relevé d’autant plus fidèle qu’elle conserve non seulement la forme de l’arbre, mais aussi la couleur grâce à la chlorophylle contenue dans les feuilles. L’artiste se place ainsi en médiateur de la nature.

 

 

 VEIO

 

Le sculpteur autodidacte brésilien, Ciceros Alves dos Santos, connu sous le nom de VEIO, né en mai 1947, se passionne pour les récits et mythes de sa région, Sertao, dont il est originaire.

 

 

« Grupo de penitentes » 1989

Véio

 

Ses sculptures naissent à partir des formes de bois mort qu’il récupère, qui l’inspirent tant pour l’œuvre que le sujet.

Dans « Grupo de penitentes » l’artiste représente un défilé religieux qui évoque la souffrance des rituels de pénitence du Sertao.

Son travail transcende l’art populaire et l’art contemporain, fusionnant la mémoire des traditions avec une expressivité vibrante et moderne. Son travail m’est très évocateur.

 

 

 Raymond HAINS

 

Ces somptueux troncs d’arbres de Raymond HAINS, que vous avez peut-être également admirés à St Malo, où ils sont installés sur la plage du Sillon comme brise-lames.

 

En effet, pour protéger la côte de Saint Malo de la force destructrice des vagues, Raymond HAINS a donc édifié ces troncs d’arbres, dont le rendu visuel, que l’on soit à coté ou éloigné, est très puissant.

 

 

« Brise-lames de Saint-Malo, plage du Sillon » 1994

Sable, bois, métal

Raymond HAINS

 

 

Né en 1926 à Saint-Brieuc et décédé en 2005 à Paris, Raymond HAINS, un des membres fondateurs du Nouveau réalisme avec Jacques Villeglé, a par ailleurs développé une oeuvre singulière, basée sur un mélange de photographies, objets trouvés, associations d’idées, jeux de mots…

 

-Cheri SIMBA

 

Enfin pour conclure, place à Cheri SIMBA, artiste de la république démocratique du Congo où il est né en 1956, qui a bénéficié très tôt du soutien de la Fondation Cartier.

 

« J’aime la couleur 2003 »

Acrylique et paillettes sur toile (206×296,7cm)

Cheri SAMBA

 

 

En octobre 2023, le Musée Maillol a organisé sa première rétrospective, couvrant 40 ans de création et présentant plus de 50 tableaux.

L’auto-portait constitue l’élément central de sa peinture, autour duquel gravitent le Congo et l’Afrique, la géopolitique et l’environnement, l’histoire de l’art et …la femme !

 

Belles vacances d’été…. pas trop chaudes….!

A bientôt en septembre !

« L’école est finie… » chantait en 1963 Sheila !

https://www.youtube.com/watch?v=UaT70F1_dGU

 

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

 

– Bourse du commerce – Pinault Collection

 

2 rue de Viarmes – 75001 Paris

 

 

Exposition « Clair – Obscur » jusqu’au 24 aout 2026

 

Fukiko NAKAYA – jusqu’au 14 septembre 2026

 

https://www.pinaultcollection.com/fr/boursedecommerce

 

  

 

Fondation Cartier pour l’art contemporain

 

2 place du Palais Royal – 75001 Paris

 

-Exposition générale jusqu’au 23 aout 2026

 

https://www.fondationcartier.com/programme/exposition/exposition-generale

 

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