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80ème billet – Andy WARHOL A LANDERNEAU

 

Le Fonds pour la culture Hélène et Edouard Leclerc, situé à Landerneau (Finistère), présente, jusqu’au 24 janvier 2027, le travail d’Andy WARHOL, artiste américain, né le 6 aout 1928 à Pittsburgh (Pennsylvanie) aux Etats-Unis, de parents qui ont émigré de l’actuelle Slovaquie vers les USA. Bravo à ses parents qui se sont sacrifiés pour que leurs enfants puissent participer au « rêve américain » !

                                                                                             Andy WARHOL, jeune diplômé

Sacrifices couronnés de succès vue la superbe carrière artistique de leur fiston Andy, devenu par la suite un artiste renommé, symbole du Pop Art dans les années 1960 aux Etats-Unis.

Pour la petite histoire, le nom de famille de ses parents était WARHOLA. En 1950, leur fils Andy, après avoir obtenu un Bachelor of fine Arts un an plus tôt, file à New York pour tenter sa chance de devenir un artiste à part entière.

Alors qu’il se façonne avec soin une image (lunettes de soleil, perruques argentées…) il supprime le A de son nom, qui devient WARHOL, l’américanisant ainsi définitivement.

 

Pour gagner sa vie, il se lance dans l’illustration publicitaire ; dessinateur très doué, il se fait très vite remarquer et surfe avec brio sur la vague en plein essor de la publicité, ce qui lui permet de vivre rapidement de son travail.

 

Parmi ses clients figurent des magazines de mode, notamment Vogue et Glamour, mais aussi des maisons de luxe, Tiffany, I. Miller Shoes.. , sans oublier des éditeurs, des maisons de disques… La chaussure occupera une place particulière dans son travail, ses illustrations lui ouvrant de nombreuses portes, surtout au début de sa carrière.

 

 

 « This is a shoe » 1958-1965

Encre sur papier

The Andy Warhol Museum, Pittsburg

Doté d’un fort instinct, il perçoit très vite le pouvoir des images commerciales. Il comprend également la force de la publicité et des médias, qui peuvent transformer des individus (Marylin Monroe..) mais également des produits (Coca Cola, boites de conserves…) en une sorte de muse ou d’égérie publicitaire.

 

 

 

« You’re in » 1967

Peinture en spray sur bouteilles en verre

dans une caisse en bois imprimée

The Andy Warhol Museum, Pittsburg

 

 

 

Au début des années 1960, Andy WARHOL cherche un nouveau concept artistique centré sur les objets du quotidien et se tourne vers la boite de soupe Campbell’s.

 

« Campbell’s Soup I »

10 sérigraphies sur papier

The Andy Warhol Museum, Pittsburg

Le pop art, qui s’empare d’objets immédiatement reconnaissables par tous, en particulier des produits de consommation courante, est né. Il a une dimension plus démocratique et égalitaire que l’expressionnisme abstrait, son prédécesseur plus élitiste, et transforme, en quelque sorte, la publicité en art.

« Campbell’s Soup Can (Tomato) » 1966

Impression sérigraphique sur sac de courses

The Andy Warhol Museum, Pittsburg

 

L’objectif de l’artiste est que des logos, comme celui de Campbell’s, soit immédiatement identifiables. Est-ce de l’art ou est-ce de la publicité ? Question légitime que l’on peut donc se poser…

 

Suivant toujours son instinct, largement fondé sur son sens du commerce, il s’empare également des images qu’il a créées, et les transforme, grâce à la sérigraphie, en motifs répétés avec des couleurs très franches.

 

« Princess Caroline of Monaco » 1983

Peinture acrylique et encre

The Andy Warhol Museum, Pittsburg

 

 

Il est ainsi convaincu que pour représenter une personne célèbre, une mise en scène s’impose qui lisse défauts et imperfections ; l’individu est réduit à ses traits les plus reconnaissables qui le mettent en valeur, avec un objectif : son style doit être reconnu en un clin d’œil !

Au fil des années, la renommée de WARHOL s’amplifiant, des personnalités, en quête de popularité, lui demandent de faire leur portrait avec sa griffe si particulière. Une seule condition exigée par l’artiste : la personne doit accepter de lui payer le prix demandé pour obtenir son autoportrait.

Marylin MONROE est une exception. Elle ne lui a jamais demandé son autoportrait, et pourtant, il est fort probable qu’elle est certainement la personnalité qui a battu tous les records de reproduction d’Andy WARHOL.

« Marilyn MONROE » 1967

Sérigraphie sur papier 91,4 x 91,4 cm

The Andy Warhol Museum, Pittsburg

 

En effet, Andy WARHOL a toujours été fasciné par cette star du cinéma, qui incarnait à ses yeux à la fois le visage le plus célèbre d’Hollywood et le symbole sexuel ultime.

Quelques semaines après le décès tragique de cette actrice, en aout 1962, il a commencé une série de sérigraphies de Marylin MONROE.

En 1979, près de vingt années après ses premières peintures de Marylin, il a débuté sa série Reversal, dans lesquelles il transformait les zones claires en zones sombres et les ombres en couleurs. Certains spécialistes estiment qu’il aurait peut-être réalisé une centaine de toiles de Marylin, alors qu’il ne l’avait jamais rencontrée.

Le mythe de cette actrice répondait peut-être à sa fascination pour la célébrité, la beauté et la mort.

 

 

Il a aussi réalisé des portraits de Jackie KENNEDY, quelques semaines après l’assassinat du président John KENNEDY, le 22 novembre 1962 à Dallas, en réponse au traumatisme national.

La photo de Jackie Kennedy souriante, la représente juste avant l’assassinat, insouciante. Le choix du bleu n’est pas anodin, cette couleur étant associée à la Vierge Marie dans l’iconographie chrétienne.

 

 

« Jackie » 1964

Sérigraphie sur lin 50,8 x 40,6 cm

Musée de Grenoble

 

 

 

 

WARHOL confère donc à Jackie KENNEDY une dimension presque sacrée, entre recueillement et immortalité.

Ces photos sont très intéressantes, car elles se situent entre deux axes majeurs de l’artiste : sa fascination pour les icônes féminines et sa réflexion sur les drames américains.

 

Il n’hésite pas non plus à transformer la Statue de la Liberté, icone très emblématique, en raccourci visuel des Etats-Unis, aussi reconnaissable et puissant que le symbole du dollar.

 

 

« Statue of Liberty » 1986

Peinture acrylique et encre sérigraphique sur lin

The Andy Warhol Museum, Pittsburg

 

 

 

 

« Dollar sign » 1981

Peinture acrylique et encre sérigraphique sur toile

Musée d’art moderne et d’art contemporain de Nice

Le message d’Andy WARHOL n’est pas aussi simple que ce qu’on peut l’imaginer de prime abord. Oui, la célébrité est accessible, oui la réussite financière l’est également, chacun bénéficiant des mêmes chances de réussite au départ. Mais, au fond, ce rêve, qui relève du mythe de l’Amérique, est, pour lui, illusoire. Même s’il l’a encensé.

L’œuvre de WARHOL oscille donc en permanence entre célébration et cynisme.

Si vous voulez découvrir ou retrouver d’Andy WARHOL, vous avez donc jusqu’à fin janvier pour aller voir cette exposition à Landerneau.

Personnellement, cette exposition m’a déçue ; elle permet de faire connaissance avec cet artiste, ce qui n’est pas négligeable, mais n’apporte rien de plus…Je lui donnerai un 6,5/10

Si vous ne connaissez pas cet artiste, cette exposition va vous permettre d’avoir une première impression sur son travail, donc pourquoi ne pas y aller ?

Sinon, abstenez-vous, sauf si vous avez envie de revoir certaines de ses oeuvres.

 

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POUR EN SAVOIR PLUS :

 

L’exposition se tient au

Fonds pour la culture Hélène et Edouard Leclerc

Halle des Capucins 

71 Rue de La Fontaine Blanche (ou 4 Rue des Capucins)

29800 Landerneau

 

Jusqu’au 24 janvier 2027

Le Fonds est ouvert tous les jours de 10h à 18h 

 

https://www.fonds-culturel-leclerc.fr

 

 

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Au même moment, se tient à Paris, 

au Musée du Luxembourg, 

l’exposition « Andy Warhol : La ligne et l’image »

jusqu’au 10 janvier 2027

À l’ère de la reproductibilité technique, Andy Warhol usa tant et plus de la sérigraphie pour produire ses œuvres les plus iconiques. Pensée par l’historien d’art Alain Cueff, cette exposition bouscule cette vision trop unilatérale et montre, en cinq sections thématiques, comment le pape du Pop Art joua du crayon, de ses débuts comme illustrateur jusqu’à son dernier souffle. Aux murs : 150 dessins, souvent peu ou pas connus, accompagnés de quelques peintures et de nombreux documents d’archives.

 

Musée du Luxembourg

19 Rue de Vaugirard, 75006 Paris
https://museeduluxembourg.fr/fr

 

 

 

 

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